Rencontre avec Tiphaine Cogez Cousseau, fondatrice d’une maison de parfumerie poétique et engagée

Il y a des parfums qui se portent. Et puis il y a ceux qui vous habitent. Brume Orpin en fait partie. 

Derrière cette maison de Haute Parfumerie au nom si évocateur se cache une histoire intime, profondément humaine : celle de Tiphaine Cogez Cousseau, une femme qui a fait du parfum un langage entre mémoire, nature et émotion. 

Fondée sur des principes d’exigence olfactive, de durabilité radicale et d’esthétique intemporelle, Brume Orpin ne se contente pas de créer des fragrances : elle tisse des récits invisibles, ancrés dans la lumière des souvenirs d’enfance, la résilience des plantes sauvages, et le respect du vivant. 

Lors de cette interview exclusive, Tiphaine Cogez Cousseau nous ouvre les portes de son univers : de l’origine poétique du nom Brume Orpin, aux défis de bâtir une parfumerie engagée sans compromis, en passant par ses choix éthiques, ses ingrédients rares, et son expansion internationale. 

Une conversation sensible, exigeante… et profondément inspirante. 

 Actu beauty : Comment est né le concept de Brume Orpin ? Quelle est l’histoire derrière ce nom si poétique ?

Tiphaine Cogez Cousseau : Brume Orpin est né d’un désir intime de renouer avec l’essentiel : la nature, la mémoire, la beauté sincère. Le parfum a toujours été pour moi un langage secret, capable de capturer les souvenirs, de transmettre des émotions invisibles. Très jeune, je collectionnais les échantillons comme d’autres collectionnent les pierres précieuses. Cette passion m’a conduite à fonder une Maison qui conjugue exigence olfactive, esthétique intemporelle et engagement profond envers la santé et l’environnement.

Le nom Brume Orpin est un hommage à deux images fondatrices. Brume, c’est cette atmosphère suspendue du lever du jour, diaphane, presque magique, qui effleure la peau comme un voile. Orpin, c’est une plante de rocaille que je cultivais enfant dans le jardin alpin de ma grand-mère. Résiliente, elle pousse sur les toits, entre les pierres, comme un symbole de lien et de force tranquille. Ensemble, ces deux mots racontent une Maison du sensible, enracinée dans la nature, la transmission et la lumière intérieure.

Actu beauty : Quels ont été les plus grands défis que vous avez dû relever en tant que fondatrice d’une marque de niche ?

Tiphaine Cogez Cousseau : Créer une Maison de Haute Parfumerie engagée, sans compromis ni concessions, a été un parcours exigeant. Le premier défi fut de tout repenser : des ingrédients à l’emballage, du sourcing au design, dans une logique de durabilité radicale et de fabrication locale. Il m’a fallu trouver des artisans, des verriers, des producteurs capables de suivre cette exigence, souvent hors des circuits classiques.

Un autre défi majeur a été d’imaginer une nouvelle grammaire olfactive : réduire les allergènes, bannir les composants controversés, tout en conservant une émotion puissante dans le sillage. Cela demande de la patience, de l’innovation constante et une rigueur intransigeante. Mais je crois que c’est justement cette cohérence qui fait aujourd’hui la force et la singularité de Brume Orpin.

Actu beauty :  Quelles sont les valeurs principales qui guident votre marque ?

Tiphaine Cogez Cousseau : La créativité, l’authenticité, l’engagement et l’élégance.
Chez Brume Orpin, nous croyons qu’un parfum peut être à la fois une œuvre d’art et un acte responsable. Chaque fragrance naît d’une histoire personnelle, d’un souvenir précieux et chaque ingrédient, chaque matériau est choisi avec soin pour sa qualité, sa provenance et son impact.

Nous défendons une esthétique sincère et raffinée. Nos créations sont pensées comme des récits à porter à même la peau, des ponts entre générations, entre l’intime et l’universel. C’est cette approche qui donne à la Maison sa dimension émotionnelle et intemporelle.

Actu beauty :   Utilisez-vous des ingrédients naturels ? Y a-t-il une démarche écologique ou éthique dans vos créations ?

 Tiphaine Cogez Cousseau : Absolument, l’écoconception est au cœur de chaque étape de création. Nous utilisons des ingrédients naturels, locaux et biodégradables, cultivés en   France, en Europe ou dans le bassin méditerranéen. Nous collaborons aussi avec le laboratoire Symrise autour de la chimie verte, pour créer des captifs innovants, sûrs pour la santé, sans ingrédients controversés.

Nos flacons sont rechargeables, nos bouchons sont faits de galalithe, matière naturelle issue du lait et nos coffrets sont en liège expansé peint avec une peinture à base d’algues bretonnes. Tout est pensé pour durer ou se biodégrader sans trace. C’est une parfumerie de l’avenir, mais ancrée dans le respect du vivant.

Actu beauty : Sur quels canaux commercialisez-vous vos parfums (boutique en ligne, points de vente physiques, etc.) ?

Tiphaine Cogez Cousseau : En France, vous pouvez découvrir nos créations dans trois lieux emblématiques du Printemps : Printemps Haussmann Paris, Printemps Marseille – Les Terrasses du Port et Printemps Lyon.

À l’international, la Maison rayonne dans des lieux de prestige comme les boutiques du réseau Campomarzio70 en Italie, véritables temples du parfum d’auteur et aussi depuis peu aux Etats-Unis avec dès maintenant Neiman Marcus online et prochainement Bergdorf Goodman.

Et bien sûr, notre site internet www.brume-orpin.com permet à chacun de vivre une expérience directe et soignée, fidèle à l’univers de la Maison.

Actu beauty : Souhaitez-vous développer votre marque à l’international ?

Tiphaine Cogez Cousseau : La dimension internationale est déjà en marche, mais elle suit notre propre tempo.
BRUME ORPIN est aujourd’hui présente dans des lieux choisis avec soin. L’Italie et les États-Unis, où nous sommes distribués, en sont de très beaux exemples. Mais l’ambition reste de s’étendre avec justesse, en préservant la cohérence de notre démarche, en dialoguant avec des partenaires qui respectent la singularité de BRUME ORPIN

Propos recueillis par Hermann KOUADIO

 

Article précédent: Evoluderm : une marque engagée qui réinvente la beauté masculine avec sa gamme Men’s CareArticle suivant: En Tunisie, les soins capillaires surfent sur la révolution des boucles

Articles similaires