En Tunisie, une révolution douce mais profonde est en marche : celle des cheveux bouclés. De plus en plus de femmes osent enfin abandonner les lissages chimiques pour retrouver leurs vraies textures. C’est le cas de Mouna Jebali, venue pour la première fois au Pineapple Studio, un salon spécialisé à Tunis. « J’ai longtemps cru que mes boucles n’étaient pas belles », confie-t-elle. Le déclic ? La naissance de son fils, aux cheveux frisés. « En le voyant, j’ai voulu m’accepter telle que je suis. »
Pendant des années, les cheveux bouclés ont été stigmatisés, jugés « indisciplinés » ou « peu professionnels ». Les lissages, souvent douloureux et chimiques, étaient une norme, surtout pour les cérémonies. Dhouha Mechergui, cofondatrice du salon, se souvient des nuits passées à lisser ses cheveux avant l’Aïd. Aujourd’hui, elle accompagne celles qui veulent revenir au naturel. « C’est un choix courageux. Beaucoup hésitent, par peur du regard des autres. »
Ce mouvement va au-delà de l’esthétique. Une étude américaine a montré que les défrisants augmentent le risque de cancer de l’utérus. En parallèle, des lois contre la discrimination capillaire ont été adoptées aux États-Unis et en France. En Tunisie, pas encore de texte officiel, mais un changement s’opère.
C’est le cas avec Kamaana, première marque tunisienne dédiée aux cheveux bouclés, lancée en 2021. « On était seules au départ. Aujourd’hui, d’autres marques suivent », sourit Sirine Cherif, cofondatrice. Avec une croissance annuelle de 35 à 42 %, Kamaana, comme Zynia ou Lilas Cosmetics, incarne une tendance forte : celle de l’authenticité.
« On veut faire une révolution des boucles », lance Sirine. Une révolution qui commence par un simple geste : enlever la casquette, et laisser les cheveux s’exprimer.
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